Sola

"We are such stuff
As dreams are made on; and our little life
Is rounded with a sleep.
"*

 

* Nous sommes de l'étoffe dont les songes sont faits; et notre petite vie est cernée de sommeil.

 

Cette phrase de Shakespeare hante l'écriture d'Ana Igluka depuis toujours et se cristallise aujourd'hui dans un projet de spectacle.

Lancé le 20 décembre 2014 lors de la dernière danse du très chéri Cabanier, ce solo de glampoésie assuré par Ana Igluka et Erwan Foucault (derrière la console) va évoluer vers une pièce de performance poésie, improvisée et dansée, sur le thème du corps augmenté... Réflexions sur le corps de la femme, le corps comme instrument, le corps objet, le corps chantant, l'expression d'une femme sur les grands sujets de l'Humanité : la frontière, les migrations, le désir, la liberté, la vérité...

La création se fait sous forme d'improvisations tentées sans filet et évolue enrichie de ses expériences.

Le 20 décembre nous aura fait comprendre qu'un travail sur le rythme serait important (Merci à Marie des Banquettes Arrières pour son retour).

Ana a confirmée son envie de traiter par la musique et le mouvement le sujet du Corps de la Femme, des idées de scénographies sont en germe. Un concert de Camille datant de 2012 entrant sous une cape orange et en chaussettes nous inspire singulièrement...

Très épuré, cette forme deviendra un spectacle utilisant des techniques de live électro-acoustique, du mouvement et du stand up, de l'improvisation toujours, diverses vocalisations bien sûr...

Nous tenons aussi à initier une interaction avec le public, avec des capteurs électroniques pour intervenir sur la musique directement, il s'agit aussi de mettre le feu à la pensée collective, de faire revivre la bonne vieille Agora !

 

Inspirations

 

Ana Igluka est hantée par les hyperboréens de Nietzsche, Attila Jozeph, Arthur Rimbaud, Armand Robin les maudits, les histoires oniriques et ambigües de Luke Sutherland

Philippe Souppault pour les Mains jointes et avec André Breton lorsqu'ils écrivent les champs magnétiques

Cortazar, Garcia Lorca, Frida Callo les boiteux

Edouard Glissant Phare des poétiques du Paysage, de la Relation, porteur d'une langue si étrange et si familière

Virginie Dépente pour sa King Kong Théorie

Brigitte Fontaine qui a réussi à faire rimer Libellule avec « ... ».


mais aussi par Nicky de St Phalle et sa société matriarcale de grosses nanas

Claude Cahun et son refus des étiquettes sa révolte contre les carcans du genre

Charlotte Salomon pour les affinités de solitude.

 

Et l'Alchimie ?

 

Marguerite Yourcenar et cette fascination pour l'Histoire, l'élévation, la langue des oiseaux.

Valmer, compositeur comédien et directeur de théâtre, pour ses conseils son compagnonnage sa présence paternelle comme un soin.

 

 

Techniquement parlant...

 

...une femme seule en scène est le principe de départ, son acolyte, démiurge du Son reste dans l'ombre invisible en régie d'où il déforme transforme transcende la parole, la voix l’expression la liberté de cette femme. Ce démiurge est un homme : Erwan Foucault, compositeur producteur, son intervention souligne les émotions exposées publiquement par la femme. Cependant, son intervention pourrait aussi bien être une censure... Cet état de fait technique, cette domination possible, évoque les interdépendances existant entre Femmes et Hommes, l'inégalité intrinsèque et la nécessité de faire ensemble. Cette prise de pouvoir imprévisible, non représentée, fait régner sur le spectacle une atmosphère de Léviathan, la menace de l’arbitraire.

Pour l'heure, ce spectacle glampoétique cherche des lieux pour l'accueillir le laisser s'exprimer, évoluer mûrir... merci de vos accueils ! CONTACT.